dimanche 11 janvier 2015

Charlie Hebdo et l'Islam

Les musulmans sont-ils concernés par les attentats et crimes commis au nom de leur dieu Allah et de son prophète Mouhamad ?
Les références systématiques à la religion musulmane et au Coran, l’invocation à Allah et au  Prophète émises par ces fanatiques fondamentalistes, interpelle les musulmans.
Les tueurs de Charlie Hebdo ne s’en sont pris que « par ricochet » à la liberté d’expression. Leur but était avant tout de « venger le prophète » (ce qu’ils ont crié d’ailleurs). On est à l’évidence dans une justification « religieuse ». Même perverti, le fait est religieux.
En ce sens l’acte ne peut qu’interpeller tout croyant de quelque religion qu’il soit. Bien sûr les musulmans ne peuvent que se sentir concernés en premier, puisque c’est de cette communauté que sont issus et que se revendiquent les tueurs.
On pourrait ignorer une marginalité infime, des actions isolées, œuvre d’une poignée de fanatiques qui ne représentent rien.
Ca n’est absolument pas le cas. Le mouvement fondamentaliste violent mobilise massivement dans le monde et pas simplement dans les pays musulmans. Certains mouvements sont même en situation de conquérir le pouvoir ou du moins tiennent déjà de larges portions de territoire à travers le monde, en Syrie et en Irak, en Afghanistan,  au Yemen, au Pakistan, au Soudan, en Algérie, en Lybie, au Mali, au Nigéria…
Même s’il est politiquement incorrect de le dire, ces mouvements recueillent une  sympathie parfois non dissimulée chez certains jeunes issus de l’émigration maghrébine ou d’une récente conversion à l’islam. Il suffit de voir les témoignages de professeurs confrontés à des élèves qui refusent que l’on parle de la Shoah, qui affichent leur sympathie pour les tueurs islamistes, qui refusent la minute de silence nationale… et  à la marge signent des tweets « je suis Kaouchi ».
Le frère du policier Ahmed Merabet, tué dans l’attaque de Charlie Hebdo, a ciblé sa mise en garde contre les racistes et le danger de l’amalgame et de l’islamophobie. Certes, et l’on comprend sa douleur et ses craintes, mais pourquoi n’a-t-il pas mis aussi en garde les familles musulmanes contre l’actuelle dérive djihadiste de quelques jeunes …Un danger d’une toute autre ampleur !
Les musulmans constituent une communauté mondiale (Oumma). Qu’elle le veuille ou non, cette communauté est impactée. Il est impossible de se voiler la face.
Les musulmans signataires du mouvement « not in my name », l’ont fort intelligemment compris, écoeurés de voir la religion qu’ils pratiquent et qu’ils veulent pacifiste, instrumentalisée à des fins criminelles.
Notons aussi cette déclaration d’un élu musulman d’Angers, après l’attentat contre Charlie Hebdo "Les auteurs sont bien des gens issus de chez nous. Dès lors, nous devons nous interroger et nous poser les bonnes questions."
Comment des responsables français, des médias ou de la politique peuvent-ils en revanche nier tout lien entre les actions terroristes islamiques et l’Islam ? sauf à pratiquer la pire des politiques, celle de la « soumission » au politiquement correct et à une unité de façade.

Est-il légitime de demander des comptes aux musulmans à propos des dérives terroristes menées en leur nom ?
Le débat s’est ouvert récemment sur le sujet, certains assimilant à de l’islamophobie le questionnement des musulmans sur le problème du terrorisme islamique. A quoi faut-il alors assimiler le questionnement des français sur la traite des noirs effectués par une poignée de leurs lointains ancêtres sur les ports de l’Atlantique.
Un questionnement est légitime, comme est légitime le questionnement des dérives d’autres religions (le Pape François l’a compris qui a enfin osé ouvrir le dossier de la pédophilie dans l’Eglise). Les catholiques ont matière à s’interroger sur l’horreur de l’Inquisition, la Saint-Barthélémy, l’extermination des indiens d’Amérique…
Evidemment il faut bien avoir conscience qu’un tel questionnement ouvre la boite de Pandore de biens d’autres interrogations : les rapports de l’islam (initial) et de la violence, la contradiction des versets pacifiques de La Mecque et les versets violents de Médine, le statut « intangible » du Coran, la non condamnation de l’apostasie, les rapports avec la démocratie, la conception d’un Islam moderne pacifique et respectueux de l’humour et de la critique .

Aider les musulmans dans ce sens relève plutôt de l’islamophilie. Et jetons une bonne fois pour toute aux poubelles de l’histoire ce concept fourre-tout et discriminant d’islamophobie qui refuse toute expression critique.

En définitive les musulmans auront beaucoup à gagner à se « poser les bonnes questions ».

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